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La Procession de la Sanch à PerpignanLe vendredi 21 mars, à partir de 15 heures à l’église Saint-Jacques., vous pourrez assister ou suivre la Procession de la Sanch à Perpignan. C’est une procession qui a lieu le vendredi Saint, c'est-à-dire, pour les profanes, le vendredi qui précède Pâques. Il faut assister à cette procession, au moins
une fois dans sa vie. C’est une procession religieuse bien sûr,
mais elle fait aussi parti du folklore Catalan.
Il existe d’ailleurs d’autres processions similaires dans le
département et en Catalogne sud. Porter pendant des heures ces lourdes charges,
relève du chemin de croix. Certains sont là pour préparer la
résurrection du Christ, d’autres sont là…..ben ils ne savent pas
trop pourquoi. Certains prient tous le long, d’autres méditent,
d’autres se contentent de suer, certains écoutent l’histoire de
la Sanch et de la Confrérie, pas tout le long quand même (c’est
long). Une haie de personnes regarde tout le long de la
procession, et de nombreuses personnes suivent la procession en
prière. Récit de la préparation de la procession de la SanchC’est le jour J. A 6 heures du matin, les Anciens sont debout. Ce sont eux qui s’occupent des mystères. En fait elle n’a quasiment pas dormi et ce depuis plusieurs jours, trop d’inquiétude. Sur le pont si tôt car il faut aller fleurir le mystère. Pas de sommeil quelques jours plus tôt parce que jamais rien ne se passe comme on veut pour trouver les fleurs : si elles ne poussent pas, il faut se soucier d’en trouver, si elles poussent c’est du boulot de les cueillir. Bref, le jour J est là. Il faut aller, dès l’aurore au jardin de l’église Saint-Jacques, préparer le mystère pour la procession : vêtir les saints, les mettre en place sur le mystère, grillager, fleurir, fignoler. Ils ne sont qu’un petit nombre de « spécialistes » à connaître les mystères de la préparation des mystères. Tout un tas de trucs et d’astuces pratiques mais aussi d’autres de l’ordre de l’usage, du rituel. A midi, retour à la case pour une courte pause et un frugal en-cas. Derniers soucis à propos des caparutxe : il en manque toujours un pour quelqu’un qui a oublié le sien ou de la main d’œuvre supplémentaire de dernière ![]()
minute. Il faut en trouver
un, deux, de la bonne taille si possible… Or un caparutxe ne se
confectionne pas en 5 minutes donc il faut faire avec ce qu’il y
a ou pas sous la main. Le combat pour que tout le monde porte
des chaussures noires a été gagné il y a quelques années, je
pense que nous le devons à la maturité des fautifs.
Il peut encore y avoir quelques oublis mais ils sont rares. Cependant,
si vous voyez un pénitent pieds nus, ce n’est pas parce qu’il
est puni pour avoir oublié ses chaussures noires!
A treize heures, tout le monde retourne ou arrive à l’Eglise Saint-Jacques. Touche finale aux mystères, habillement des pénitents, échanges de caparutxe : certains en ont un trop petit, d’autres un trop grand, certains en ont un de plus, d’autres un de moins. Echange de cônes entre une grosse tête et une petite tête. Et beaucoup d’embrassades et de bonjours ….dès qu’on peut prendre le temps. Certains ne se rencontrent qu’à cette occasion. C’est une histoire de famille- certaines familles se côtoient à cette occasion depuis des générations-, c’est une histoire d’amitié. On prend des nouvelles : on parle de la pluie, du beau temps on apprend les nouveautés heureuses ou douloureuses, on fait connaissance. Toutes les tranches d’age sont représentées, du nourrisson de
passage à l’ancien de 80 ans passés qui porte encore le mystère
malgré les réticences de ses enfants ou de ses proches. |